Sensation

Sensation et littérature

Sensation: définition et usage littéraire

"... nul ne possède, en efftet, que ce qu'il éprouve... " Villiers de l'Isle-Adam, Histoires insolites

 

Rappelons la définition du mot sensation qui revient si souvent dans les questions d’écriture :

« Phénomène par lequel une stimulation externe ou interne a un effet modificateur spécifique sur l’être vivant et conscient ; état ou changement d’état ainsi provoqué (observable par une réaction), à prédominance affective (plaisir, douleur) ou représentative (perception). »

Il s’agit donc d’un phénomène dans lequel se rencontrent deux pôles : une stimulation (quelque chose d’actif qui peut être intérieur) entraîne une modification affective et une modification de nos représentations du monde. Elle est notre moyen de contact avec le monde et avec notre corps.

« Le temps était loin où j’avais bien petitement commencé à Balbec par ajouter aux sensations visuelles quand je regardais Albertine, des sensations de saveur, d’odeur, de toucher. Depuis, des sensations plus profondes, plus douces, plus indéfinissables s’y étaient ajoutées, puis des sensations douloureuses. Bref Albertine n’était (…) que le centre générateur d’une immense construction qui passait par le plan de mon cœur. Robert, pour qui était invisible toute cette stratification de sensations, ne saisissait qu’un résidu (…) » Proust, Albertine disparue.

Le personnage s’élabore en une « stratification de sensations », les différents sens travaillent ensemble, permettent de percevoir dans Albertine bien plus qu’un « résidu » visuel et c’est cette construction plus « profonde » qui enrichit ce que représente Albertine et l’expérience

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